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Comment fonctionne le cerveau de l’enfant ?

  • Photo du rédacteur: DEEN HORIZON
    DEEN HORIZON
  • 6 août 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 août 2021




De la naissance à l'âge de 6 ans, le cerveau d'un enfant se développe plus qu'à tout autre moment de sa vie. Et le développement précoce du cerveau a un impact durable sur la capacité d'un enfant à apprendre à l'école et dans la vie.



90 % de la croissance du cerveau se produit avant l'école maternelle


À la naissance, le cerveau d'un bébé moyen est d’environ un quart de la taille du cerveau d'un adulte moyen. Fait incroyable, sa taille double au cours de la première année. Il continue de croître pour atteindre environ 80 % de la taille d'un adulte à l'âge de 3 ans et 90 % - soit une croissance presque complète - à l'âge de 5 ans.

Le cerveau est le centre de commande du corps humain. Un nouveau-né possède toutes les cellules cérébrales (neurones) qu'il aura pour le reste de sa vie, mais ce sont les connexions entre ces cellules qui font réellement fonctionner le cerveau. Les connexions cérébrales nous permettent de bouger, de penser, de communiquer et de faire à peu près tout.


Pourquoi un enfant pique-t-il des crises de colère ?


Pour comprendre, il faut savoir que le cerveau de l’être humain est constitué de 3 parties :

  1. le cerveau reptilien (dit aussi « archaïque »), centre de nos comportements primaires (instinct de survie…) et de notre contrôle moteur (respiration, digestion…),

  2. le cerveau limbique (dit aussi « émotionnel »), qui permet de mémoriser et ressentir les émotions,

  3. le néocortex (dit aussi « cerveau supérieur »), siège du raisonnement, qui intervient dans les fonctions cognitives supérieures : la conscience, l’imagination, la réflexion, le langage, l’apprentissage…

Chez l’enfant, le cerveau reptilien et le cerveau limbique dominent en grande partie ses comportements. D’une part, il ressent avec intensité les émotions : il est traversé par des peurs extrêmes, des colères terribles, des jalousies intenses, de véritables angoisses, de très grands chagrins… D’autre part, une partie du néocortex est totalement immature. C’est donc les cerveaux reptilien et limbique qui vont gouverner ses réactions, et notamment les instincts de défense comme la colère… Ce n’est que vers 5-6 ans, avec la maturation du néocortex et des circuits neuronaux le reliant au cerveau émotionnel, que l’enfant parviendra petit à petit à réguler ses émotions.



Pourquoi la peur est-elle néfaste ?


L’amygdale cérébrale, centre de la peur, est parfaitement mature dès la naissance, alors que les structures cérébrales capables de la freiner sont peu fonctionnelles. L’enfant ressent donc la peur avec beaucoup plus d’intensité que l’adulte. Et sous l’emprise de la peur et de l’insécurité, le cerveau de l’enfant sécrète des molécules de stress (cortisol, adrénaline), très toxiques pour son développement. Pressions, menaces, chantages, punitions corporelles, humiliations… provoquent ainsi des altérations importantes du néocortex et peuvent même entraîner la destruction de neurones.


Pourquoi touchent-ils à tout ?


Chaque information que l’enfant perçoit du monde, chaque interaction avec un autre être humain s’imprime dans son cerveau en y créant une nouvelle zone d'informations. Et la nature est bien faite : pour nourrir la construction de ce formidable réseau, l’enfant entre, dès sa naissance, dans une phase d’exploration intense. Le laisser découvrir, expérimenter, toucher, goûter, tester… est donc essentiel pour son développement.

Les interactions avec les adultes sont également essentielles : priver un enfant de liens affectifs a un effet délétère sur son cerveau. Cela provoque une réduction de l’activité électrique, une perturbation des capacités cognitives et sociales, une baisse du QI, voire une diminution du volume global de son cerveau… Un cas extrême dans l’Histoire est celle de l’expérience menée au XIIIe siècle par l’empereur des Romains Frédéric II, qui voulait savoir quelle était la langue « naturelle » de l’homme. Il installa six bébés dans une pouponnière et ordonna à leurs nourrices de les nourrir, les endormir, les baigner, mais surtout sans jamais leur parler. Non seulement aucun bébé ne se mit à parler un quelconque langage, mais tous les six dépérirent et finirent par mourir…



Ce qu’il faut faire :

  • En cas de crise de pleurs ou de colère, il est important d’aider l’enfant à gérer ses émotions plutôt que de systématiquement le gronder ou le punir.


  • Il faut éviter, autant que faire se peut, de mettre les enfants dans des situations de stress, de peur ou d’angoisse. Et à fortiori se retenir de leur infliger des châtiments corporels.

  • Si nous ne pouvons pas contrôler (et heureusement !) toutes les interactions de nos enfants avec le monde extérieur, nous sommes responsables, en revanche, de l’environnement que nous leur proposons, l’exemple que nous leur donnons et sur la relation que nous construisons avec eux.



Les expériences et les relations que votre bébé vit au cours de ses premières années contribuent à façonner l'adulte qu'il deviendra. La création d'un environnement de soutien et d'amour rempli d'interactions chaleureuses et douces aide le cerveau de votre bébé à se développer et pose les bases de son développement et de son apprentissage futurs. Alors ne ratez surtout pas cette période dans leur éducation !... 🙂



6/08/2021 - Imane BERRICH


 
 
 

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